Association de malentendants et de devenus sourds des Bouches-du-Rhône

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Conférence organisée Surdi13

Intervenants : Dr Meller Hopital Nord, M;Véran MXM, Mme Vieu orthophoniste, Témoignages d'Implantés

 

Intervention du Docteur Meller, praticien à l'Hôpital Nord Marseille.

Je vous remercie de m’avoir invité aujourd’hui à cette conférence pour me permettre de parler d’un sujet qui me tient particulièrement à cœur, car cela fait maintenant cinq ans que je m’occupe des implants auditifs au sens large dans le service ORL du professeur Magnan à l’hôpital Nord.

Ces dernières années, de nouveaux systèmes implantables ont étés mis au point et chacun possède des indications spécifiques.
Aujourd’hui, c’est de l’implant cochléaire qu’il est question. Après une courte présentation du fonctionnement de l’oreille, c’est celui de l’implant qui sera abordé. Nous évoquerons ensuite les indications chez l’adulte, l’intervention puis le devenir des patients.

Le fonctionnement de l’oreille

Le fonctionnement de l’oreille est le suivant : le message acoustique arrive par des ondes sonores au travers du conduit auditif externe, passe l’oreille moyenne et arrive à l’oreille interne, où il est transformé en ondes électro-acoustiques.
L’élément clé est l’oreille interne. Elle comporte en avant la cochlée : un tube creux enroulé sur lui-même, divisé par une fine membrane. Le nerf cochléaire s’insère tout le long de ce tube. A l’origine de cette insertion se trouve un élément fondamental : l’organe de Corti. C’est lui qui permet la transduction du message sonore, mais aussi le codage de ce message. En effet, l’organe de Corti, situé tout le long de la cochlée, a une activité spécifique en fonction de la fréquence qui est incriminée. Les fréquences aigues étant prises en charge par les organes à la base de la cochlée, et les graves au sommet de la cochlée.

L’implant cochléaire

L’implant cochléaire a pour but de shunter un organe de Corti déficient.
Il va donc agir en aval de celui-ci en stimulant directement les terminaisons nerveuses qui vont au cerveau. Comme l’organe de Corti qu’il tente de remplacer, il assure la transduction de l’énergie, et le codage du message acoustique. Il va donc, en stimulant les terminaisons auditives, émettre des signaux.
Il faut bien sûr que le nerf auditif soit fonctionnel, et permette le passage des influx électro-acoustiques.
On s’est aperçu que pour les patients ayant un reste auditif, ce nerf était fonctionnel, mais dans certains cas de surdités totales, ce nerf n’est pas capable d’assurer ce transfert.
C’est le principe d’un test qu’on utilise en préopératoire, qui permet de stimuler l’oreille interne, et d’enregistrer la réponse des centres auditifs. Cela permet d’affirmer une éventuellement intégrité du nerf auditif.
Depuis sa création, l’implant cochléaire a subi d’énormes améliorations.
L’implant cochléaire est formé de deux parties : une partie implantée et une partie externe.
La partie implantée est formée d’électrodes qui sont reliées par un porte-électrode, inséré dans la cochlée, et un implant situé sous le cuir chevelu.
La partie externe comprend un microphone qui capte le signal. Le signal est envoyé au processeur qui se présente sous la forme d’un boîtier ou d’un contour. Puis le message est envoyé via l’antenne à la partie interne et donc à l’oreille interne et au nerf auditif.

Indications de l’implant cochléaire

Il est intéressant de considérer l’audiogramme pour différencier les divers degrés de surdité.
L’implant cochléaire est indiqué dans les surdités sévères et les surdités profondes, voire totales, post-linguales, lorsqu’il existe une intelligibilité inférieure à 30 % avec prothèses conventionnelles. C’est-à-dire que les personnes ne peuvent reconnaître plus de 30 % de la parole sans lecture labiale.
Si l’indication va de soi pour les surdités profondes, donc qui n’entendent pas au téléphone, on a étendu les indications vers certaines surdités sévères car on s’est aperçu que l’oreille interne endommagée était dans ce cas mieux remplacée par un implant cochléaire que par un appareil ordinaire.
Le Bilan préopératoire s’attache aussi à rechercher les causes de la surdité (traumatique, infectieuse, toxique, ou héréditaire).
Enfin, il est très important de s’assurer de la faisabilité de l’implantation. Pour ceci, l’IRM a l’immense avantage de vérifier que la cochlée n’est pas ossifiée, car dans ce cas, on aurait recours à d’autres techniques pour mettre en place cet implant cochléaire.
Certains éléments sont reconnus comme des éléments de bon pronostic chez l’adulte (Motivation, Niveau socioculturel et environnemental, Surdité acquise, Surdité récente, Age relativement jeune, Cochlée non ossifiée).

L’intervention, la prise en charge, les Résultats

L’intervention en elle-même est relativement simple. Elle fait appel aux techniques utilisées pour la chirurgie de l’oreille moyenne. Elle se fait sous microscope opératoire. Nous utilisons la voie rétro-auriculaire.
Pour mettre en place le porte-électrode à l’intérieur de la cochlée, on a recours à des gestes spécifiques : ce sont des moyens d’accéder à l’oreille interne et d’y pratiquer à ce niveau une petite ouverture, pour insérer directement le porte-électrode à l’intérieur de l’oreille interne. Il s’enroule dans le tube cochléaire.
La prise en charge opératoire est triple : médicale, les réglages et orthophonique.
La prise en charge médicale est importante car elle permet de s’assurer la bonne cicatrisation après l’intervention, de l’absence de vertiges. S’ils existent, un traitement sera prescrit. Elle permet aussi d’assurer un certain soutien et de vérifier la bonne progression des résultats.
Les résultats sont globalement satisfaisants ou très satisfaisants.
Très satisfaisant : lorsque le patient peut parler au téléphone.
Satisfaisant : quand le patient peut soutenir une conversation sans l’aide de la lecture labiale.
Résultats médiocres : ce sont les cas où le patient devra utiliser la lecture labiale pour soutenir une conversation.
Dès la mise en place de l’implant, après le premier réglage (le 1er mois), le patient perçoit son environnement sonore, il se remet à entendre des bruits qu’il n’entendait plus. Progressivement, il va devoir décoder ce nouvel environnement sonore, apprendre à connaître ce nouveau langage. C’est le rôle essentiel de l’orthophoniste qui accompagne alors le malade.
C’est généralement dans la première année que les progrès les plus importants sont réalisés, puis il existe une stabilisation au cours de la deuxième année.

Nombre et coûts

Il existe 3200 implantés environ en France actuellement. Le coût d’une implantation comprenant la chirurgie, l’implant lui-même, les séances d’orthophonie, les réglages est d’environ 29000 € pour les adultes et 31000 € pour les enfants. Dans le monde, la population d’implantés est estimée à 80000 cas.

En conclusion

L’implant cochléaire est une avancée majeure dans le traitement des surdités. Eprouver le bonheur d’un patient qui sort de son isolement total est très satisfaisant pour le médecin.
Je pense que d’autres générations d’implants vont progressivement élargir les indications vers certaines surdités sévères. Je pense par exemple aux implants mixtes, à stimulations électro- acoustiques dont les premiers résultats semblent prometteurs.

Intervention de M. Véran, de MXM fabriquant d'implant.

- Je vais vous parler de la technologie de l’implant cochléaire fabriqué par les laboratoires MXM, et vous parler de la prise en charge des réglages après l’implantation.

La technologie et l’implant MXM

Il y a quatre fabricants d’implants cochléaires dans le monde. MXM est français.
Notre société a un savoir-faire industriel dans les implants actifs.
On est dans l’implant cochléaire depuis 1986, et on a développé un implant du tronc cérébral pour les personnes atteintes du neurinome de l’acoustique. MXM a une expérience de plus de 18 ans dans l’implant cochléaire puisqu’on a racheté la technologie développée à l’hôpital Saint-Antoine à Paris.
On a racheté cette technologie en 1986, c’est une des quatre origines dans le monde des implants cochléaires.
Les premiers implants cochléaires multiélectrodes ont été faits avant. On a posé le premier implant Digisonic en 1992.
Donc entre 86 et 92, on a bénéficié de toutes les nouvelles technologies, en termes de microélectronique et traitement du signal. Au début, la partie externe avait le volume d’un caméscope, c’était énorme.
Nous avons 1800 patients implantés en France actuellement.
Le principe de l’implant cochléaire Digisonic a été décrit largement par le Dr Meller.
Je reviens seulement sur la partie électronique. Un microphone capte le signal sonore : parole, bruits, musique.
Le traitement du signal extrait de tout ce signal sonore l’information la plus importante.
Il y a un traitement spécifique réalisé. On digitalise le signal.
La transmission de l’information se fait par un cordon d’antenne, qui est une bobine électromagnétique qui transmet l’information à l’implant. Quand on enlève la partie externe, l’implant est inerte, c’est pourquoi on peut se baigner sans problème.
Aujourd’hui, le système utilisé est le Digisonic Sp, c’est un système utilisé depuis un an.
Il y a deux types de partie externe, une pour le petit enfant et une pour l’enfant plus grand et l’adulte.
Nous avons un tout petit contour, avec des fils : un système qui est beaucoup plus petit, donc très adapté aux jeunes enfants de moins de 3 ans.
On a un système de micro vis pour fixer le système sur l’os temporal. Les fils vont stimuler les 20 électrodes insérées dans la cochée. Ici, on voit le porte-électrodes, et une vue miniaturisée.
Les 20 électrodes stimulent la cochlée en 20 sites différents, et injectent un courant très faible qui provoque une sensation auditive. Un implant cochléaire est fait pour durer 20 à 40 ans.
Au fur et à mesure des évolutions technologiques, on sera amené à réimplanter des systèmes car la technologie aura beaucoup évolué. Le Digisonic Sp est adapté aux adultes et enfants, il pèse 12 gramme. L’autonomie des batteries est de huit jours. Il y a plusieurs options de confort : un système à double microphone pour améliorer la compréhension dans le bruit, et on a la possibilité de connecter une entrée auxiliaire.
Pour les patients qui sont déjà porteurs d’un processeur contour, ils pourront intégrer une boucle magnétique.
Le système micro-contour pèse moins de 2 grammes.
On a un témoin lumineux, un microphone omnidirectionnel, et aussi la possibilité de connecter un système HF.
Le traitement du signal : le principe est de découper le signal sonore à vingt bandes de fréquence, et d’associer à chacune une électrode.

Les réglages

Le réglage : son principe est d’adapter le fonctionnement du processeur à chaque patient. Chaque patient étant différent.
Le réglage a lieu dans le centre d’implantation, une fois par mois au début puis de façon plus espacée.
Le premier réglage est toujours un moment de grande émotion, car la personne n’a pas entendu depuis longtemps.
On adapte le processeur à une interface reliée à un ordinateur.
Le principe des réglages : il y a deux éléments essentiels : le réglage des seuils, qui sera fait chaque fois pendant la première année. On demande au patient de déterminer à quel moment il commence à avoir une sensation auditive, et à quel moment la sensation est confortable à légèrement forte.
On fait ce réglage pour les 20 électrodes. On détermine le seuil minimum et le seuil maximum.
Les seuils varient pendant la première année, c’est pourquoi on le reprend régulièrement.
On fait des réglages suivant les ambiances : calme ou bruyante. On ajuste le seuil de déclenchement du micro.
On ajuste le réglage. On voit sur cette image l’écran de réglage avec les 20 électrodes ici.
La 1 est la plus aigue et la 20 la plus grave. Là, on a besoin de la participation du patient, car il dit à partir de quel moment ça devient confortable. On va aussi régler la sensibilité. Ici, par exemple, on a diminué le gain pour les fréquences graves, c’est pour rendre l’implant plus confortable.

Si les essais sont satisfaisants, on mémorise les réglages. Chez les très jeunes enfants, on utilise des jeux, etc.
On utilise souvent des paramètres par défaut, et on verrouille.
Le plus important demeure ce que fera le cerveau des informations, d’où le rôle primordial de la rééducation orthophonique.
Merci.

Intervention de Mme Vieu Orthophoniste
(Institut St Pierre Palavas 34)

-Bonjour à tous. Je remercie l’association Surdi13 de m’avoir invitée.
Je vais vous présenter le suivi, et quelques témoignages.

Le centre de Palavas

Depuis 1989, nous avons implanté dans notre centre 111 patients adultes et 300 patients enfants. Parmi eux 12 % sont des patients adultes qui ont une surdité congénitale. C’est une demande importante que nous observons actuellement de la part de jeunes adultes sourds congénitaux. L’âge des implantations pour les adultes : 17 à 77 ans.
Durée de surdité est variable : 1 mois à 40 ans.

Indications de l’implant cochléaire

Les patients concernés avaient une surdité profonde bilatérale. Tous ces patients avaient peu ou pas de bénéfice avec les prothèses conventionnelles.
Donc on considère que le gain n’est pas intéressant lorsqu’on trouve une perte autour de 70 dB ou plus.
Une indication peut être posée lorsque la compréhension de la parole est égale ou inférieure à 30 % de mots.
Nous observons une extension des indications car parfois nous implantons des patients qui ont 40 à 50 % de compréhension de la parole.
Nous faisons un bilan pré-implantation fait par une équipe pluridisciplinaire: Le médecin, l’orthophoniste, le psychologue, le radiologue, et une rencontre avec le chirurgien qui fait un bilan médical et donnera des informations par rapport à la chirurgie.

Le suivi

Pendant la première année, nous voyons les patients trois jours par mois pendant 6 mois, puis 3 jours par trimestre jusqu’à la fin de la deuxième année, et 1 à 2 fois par an les années suivantes en fonction des besoins et de la demande de chacun.
Il est nécessaire pendant le séjour de faire deux réglages de la prothèse, une fois au début des 3 jours et une fois à la fin, car il est compliqué d’obtenir des seuils de perception et des seuils de confort. Nous devons nous assurer qu’après les rééducations orthophoniques tout s’est bien passé, et voir si le réglage doit être maintenu ou modifié.
Le patient peut aussi assister à une réunion équipe-adultes au cours de laquelle il recevra des informations et où il aura des témoignages. Ces séjours réguliers nous permettent d’adapter l’implant.
Il faut que le patient s’habitue à décoder ses nouvelles sensations auditives.
Cela nous permet aussi de nous assurer que le patient progresse, et du bon fonctionnement du système.
Si un patient n’a pas de bonnes perceptions, nous devons vérifier qu’il n’y a pas de problèmes au niveau de l’appareil ou des réglages.

Les résultats

Les résultats : au niveau de la perception de la parole dans le calme, nous faisons des exercices avec les patients, en particulier un exercice de lecture indirecte minutée.
Nous évaluons à partir de là le nombre de mots correctement répétés.
Cela nous permet d’apprécier la rapidité de compréhension de la parole sans lecture labiale : est-ce que c’est assez confortable ? Cela nous rapproche d’une situation de communication classique.
Vous n’aurez qu’un seul graphique : c’est pour montrer l’évolution dix ans après implantation cochléaire.
Les patients ont en moyenne un score de 40 mots par minute, trois mois après l’implant.
Avant, ils ne pouvaient pas faire cet exercice sans lecture labiale (0 mot/minute).
Dix ans après, on a une moyenne de 60 mots par minute. Un adulte entendant peut répéter 120 mots par minute.
Avec un implant cochléaire et avec une surdité profonde, on arrive quand même à des scores moyens de 60 mots/minute, c’est-à-dire une compréhension de la parole confortable. Bien sûr, c’est une moyenne, donc certains ont 100 mots par minute, et d’autres moins. Cela dépend d’autres facteurs (âge, etc.)
Dans le bruit, il y a une perte importante d’information, et la reconnaissance de petites phrases en milieu bruyant montre une compréhension d’environ 50 % du message. Il y a donc quand même une perte de 30 à 40 % de l’information dans le bruit.
C’est pourquoi, en rééducation orthophonique, lorsqu'un patient a un implant, on est amené à développer toujours une bonne lecture labiale, car dans les environnements bruyants, l’implant plus la lecture labiale vont permettre quand même une bonne participation.
Ensuite, la musique. Tous les patients ont envie de retrouver le plaisir d'écouter de la musique.
Dans notre population, nous avons seulement 57% d'adultes qui écoutent de la musique et y prennent plaisir.
L’implant permet une bonne perception du rythme. La reconnaissance du timbre des instruments reste difficile.
Les patients qui ont une connaissance antérieure de la musique ont de meilleures performances, mais c’est parce qu’ils sont davantage motivés.
Les gens qui veulent écouter de la musique symphonique restent en difficulté et n’arrivent pas à retrouver ce plaisir-là. En revanche, pour les musiques rythmées, il y a plus de succès.
Il y a des recherches actuellement en cours sur les stratégies de codage qui seraient susceptibles de procurer plus de plaisir dans l’écoute de la musique.
Il y aurait deux programmes possibles : un pour la parole, et un pour la musique.
Ensuite, l’environnement sonore.
Subjectivement, les patients ont le sentiment de bien le reconnaître, mais objectivement, ils ne reconnaissent que 50 % des bruits sur un enregistrement.
Mais dans la vie quotidienne, il y a le contexte qui permet une meilleure reconnaissance.
La télévision : la compréhension de la parole est difficile pour beaucoup de patients, et la plupart disent utiliser le télétexte.
L’utilisation du téléphone : 23% des patients peuvent avoir une conversation téléphonique, surtout avec leurs proches. Mais cela dépend beaucoup de la motivation des personnes, et de la confiance prise.
Les patients sont tous satisfaits, après une période d’adaptation de 1 à 6 mois.
L’implant améliore le vécu de la surdité, et il y a une amélioration de la communication pour 95% des patients.
La conversation à deux est facile, à plusieurs, elle reste plus difficile.
Les patients qui ont une prothèse classique controlatérale ont une meilleure compréhension.
Acouphènes et vertiges : sur 47 patients, 51% ont des acouphènes (qu’ils avaient avant l’implant).32% n’ont eu aucun changement.
Pour 5%, les acouphènes sont apparus après l’IC.7% ont vu une disparition des acouphènes.

Conclusion

Les limites de l’implant : l’impossibilité de localiser un son, sauf si on passe à l’implantation bilatérale.
Difficultés de perception dans le bruit et à distance.
Nécessité d’être concentré pour entendre.
Utilité de la lecture labiale pour la conversation en groupe.
Dépendance d’un système, comme avec les prothèses, vous avez le problème des réglages, des piles, des pannes, etc.
Pour tous, on note une amélioration de la qualité de la vie, en lien avec l’amélioration des possibilités auditives, et les résultats sont meilleurs si la durée de la surdité est courte, si le patient est motivé, etc.
Je vous remercie.

Questions à M. Véran.

Questions « J’ai un Digisonic Dx 10, y a-t-il possibilité de brancher une boucle magnétique ? »
Réponse- Pour l’instant on travaille sur l’intégration d’une boucle magnétique sur le contour d’oreille, ce sera valable pour les implants Sp et le Digisonic Dx 10. On pourra, avant la fin de l’année, avoir une bobine sur l’entrée auxiliaire, un petit module. En effet le boîtier du contour est en métal et il fait écran par rapport à la boucle magnétique.
Questions - « Serait-il possible d’avoir des prix intéressants pour les piles nécessaires aux implants, par des associations ou d’autres moyens ? », Y a-t-il des piles rechargeables, des choses comme ça ?
Réponse- Pour les processeurs type contour d’oreille, on est obligé d’utiliser des piles 675 * de haute qualité. On préconise les piles développées spécifiquement pour l’implant cochléaire.
On peut s’approvisionner directement dans les laboratoires MXM.
Sur les processeurs contours ancienne génération, c’est deux piles pour 2 jours, en moyenne. Sur les implants de nouvelle génération, on est passé à deux piles pour huit jours. Donc on arrive à des coûts d’utilisation annuelle de 60 à 100 euros, en fonction de la consommation. La Sécurité sociale rembourse 39 euros par an.
L’implant cochléaire n’est pas considéré par la Sécurité sociale comme une prothèse auditive. C’est inconnu pour la Sécurité sociale (NDLR certains arrivent à le faire prendre en compte comme une audioprothèse).
Donc on facture avec le libellé : piles pour prothèses auditives, le médecin doit faire une ordonnance de la même façon. Et là, on a le remboursement.
En ce qui concerne les accus : en ce moment ce n’est pas possible car on a besoin d’un minimum de puissance pour stimuler les implants cochléaires, Mais il y a beaucoup d’évolutions technologiques, on pense qu’il y aura une évolution.
Questions - Pourra-t-on changer l’appareil sans toucher à la partie interne ?
-Réponse Ça a toujours été une priorité de pouvoir modifier la partie externe sans toucher à la partie interne.
Avant, on avait des processeurs boîtiers, puis on a pu les transformer en des contours d’oreilles.
Il y a eu un changement de technologie début 2004. On pourra toujours faire évoluer la partie externe, mais à un moment donné, on sera peut-être obligé de changer la partie interne pour incompatibilité technologique.
Actuellement, on réimplante des personnes qui ont été implantées il y a dix ou quinze ans.
On propose toujours une partie externe la plus performante possible,
Questions - Quelle est la prise en charge des implants cochléaires par la Sécurité sociale ?
Réponse- En fait, l’implant cochléaire n’est pas reconnu par la Sécurité sociale, il n’y a pas de remboursement.
En fait, les implants cochléaires sont financés par les CHU, de deux manières : soit par le budget global du service ORL, soit par des dotations du ministère de la santé qui s’est aperçu qu’on était sous-développé en France dans ce domaine.
Donc aujourd’hui, c’est gratuit pour un patient. Il faut prévoir 150 euros par ans pour les piles, la maintenance des cordons. Tout le reste est pris en charge par la collectivité. Mais la Sécurité sociale n’intervient pas.
Il est important d’assurer sa partie externe, en cas de vol ou de perte.
Il a été prévu de renouveler les parties externes tous les cinq à sept ans.
Il y a des prises en charge pour que cela ne coûte rien aux patients.
Questions : les sons sont-ils déformés ?
Réponse- C’est vrai que le traitement du signal d’un implant cochléaire est différent du traitement auditif d’une oreille normale.
On stimule sur vingt électrodes, donc 20 paquets de fibres nerveuses, alors qu’il y a 30000 fibres nerveuses.
Mais le plus important se passe au niveau cortical, donc grâce à une bonne rééducation, on intègre bien le signal de l’implant cochléaire, et on en tire des bénéfices.
Mais c’est vrai que pour une personne qui a une surdité brusque, il y a une grande différence.
Il y a des simulateurs qui permettent d’écouter ce que devrait entendre un patient implanté. C’est vrai qu’il y a des différences, et on fait le maximum pour approcher d’un signal normal.
Questions - Pourrait-on avoir un simulateur de ce type sur le Web ?
Réponse- On n’en est pas encore là, mais on sera ravi de vous accueillir dans notre centre pour vous montrer ce que ça peut donner.
Questions - Peut-on en savoir plus sur les différentes assurances ou garanties.
Vous avez dit que la partie interne était garantie dix ans. Y a-t-il des extensions de garantie prévues ?
Réponse- Il y a une garantie de dix ans sur l’implant, partie interne. Elle a été conçue pour durer beaucoup plus.
Sur la partie externe : processeur contour, il y a une garantie de trois ans. Les câbles sont garantis six mois.
Parallèlement, on conseille vivement aux patients de s’assurer auprès d’assurances qui se sont spécialisées. C’est environ 240 euros par an, et ça couvre le système complet. On conseille aux patients de s’assurer via les associations d’implantés cochléaires.

Rôle des associations d’implants cochléaire, et témoignages.

M. Aubert, président de l’association des implantés cochléaires de la région Paca
- Tout d’abord, je me présente. José Aubert, président de l’association des implantés cochléaires de la région Paca.
Notre association s’est créée de façon tout à fait fortuite.
Mon épouse a intéressé la Timone pour recevoir le deuxième implant réalisé là-bas. C’était payant à cette époque, c’était environ 150 000 francs. Que faire d’autre, après son accident, que d’accepter cette implantation, malgré le prix ?
Ma femme a passé ses examens, et au moment où on allait l’opérer : le professeur a dit : j’ai une bonne nouvelle, l’implant passe sur le budget global de l’assistance publique de Marseille. Vous imaginez ma joie et mon soulagement.
J’ai dit : en fait, je ne sais comment vous prouver ma reconnaissance.
Il a répondu : c’est simple, vous n’avez qu’une chose à faire : créer une association.
Voilà comment l’association AIC-Paca s’est faite en 1992.
Pourquoi une association ?
Dans les années 90, l’implant cochléaire n’était pas connu des médias comme il l’est actuellement.
Il fallait le faire connaître.
D’autre part, une association est indispensable dans beaucoup de domaines.
Cette association a débuté avec 4 adhérents, alors que maintenant, nous sommes 125 adhérents.
Nous avons débuté en 1992, très petits. Cela n’a pas toujours été facile.
Créer une association, ce n’est pas toujours évident, mais avec quelques efforts, quelques aides efficaces, nous avons eu une association grossissant chaque année.
Il y avait des petites manifestations, du style repas de la cohésion, pour faire faire connaissance entre implantés, puis un loto pour nous apporter un peu d’argent. Une association loi 1901, dans nos statut, il est écrit : apporte aide et soutien aux futurs implantés. Il fallait un peu d’argent pour aider les implantés et les organismes pluridisciplinaires du centre de rééducation, centre de réglage.
Que faisons-nous ? Dès que nous avons quelques sous, nous achetons du mobilier pour le bureau des réglages, nous achetons du matériel à M. Véran et une autre société, et nous payons des stages de perfectionnement aux orthophonistes et médecins phoniatres.
Mais notre principal rôle était de trouver précisément une assurance. Et là, ce n’est pas facile.
J’espère qu’il n’y a pas d’assureur ici, car je considère que les assureurs ne sont pas des philanthropes.
Qui va prendre en charge une assurance ?
Finalement, nous avons eu la chance de trouver un assureur qui se trouve à Pau, les Agf, qui a accepté de prendre le risque, mais à une condition, c’est que cette assurance soit gérée par l’association de façon à obtenir un prix de groupe.
(240 euros par an).
Finalement, l’assurance est une des choses que nous assumons.
Nous demandons par la même occasion que tous les implantés, Dieu sait que nous avons vu des drames de personnes qui n’ont pas accepté d’assurer leur appareil. Croyez-moi, l’assurance n’est vraiment pas chère.
Je crois avoir terminé mon temps de parole. Si vous avez des questions, vous me les poserez à la fin.
- Nous passons maintenant aux témoignages.
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Le témoignage d’Arlette.
- Bonjour.
Je m’appelle Arlette, j’ai 64 ans.
J’ai ressenti les premiers signes de la surdité en 1971, durant ma grossesse. Je travaillais alors dans un endroit bruyant.
On m’a conseillé de changer de travail. Puis mon audition s’est dégradée progressivement.
En 1985, j’ai été appareillée de l’oreille gauche, puis de l’oreille droite. Puis un boîtier car les contours d’oreille ne m’apportaient plus rien.
Après un an, je n’ai plus rien entendu. J’ai alors été orientée vers le docteur Meller. J’ai été opérée en mars 2003.
L’implant cochléaire, un Digisonic Dx 10. Il a été placé sur ma meilleure oreille, c’est-à-dire la gauche.
L’implantation s’est très bien passée, l’hospitalisation a été très courte, trois jours.
Je n’ai absolument pas eu de problèmes. Pas de maux de tête, ni vertiges.
Trois semaines après, c’était un moment attendu et redouté : le réglage des électrodes. C’était formidable.
Les voix me paraissaient bizarres, un peu métalliques, comme un robot qui parle.
Tous les bruits, par exemple, il a bougé un sac en plastique, c’est infernal.
Quand je suis sortie de l’hôpital, j’ai eu beaucoup de mal à supporter les bruits environnants, mais peu à peu, je m’y suis habituée. J’ai appris à différencier les sons.
A la maison, j’entendais à nouveau l’eau couler, la cocotte minute qui siffle, la sonnerie du téléphone, l’interphone, les portes qui claquent, etc. Et toujours ce froissement désagréable des sacs en plastique, même en papier.
A l’extérieur, il n’y a jamais de silence : autos, motos, bus, freins, c’est infernal. Maintenant, je commence à m’y habituer. A la campagne, on entend à nouveau les oiseaux, et on les différencie. Cet été, même les cigales.
Avant, j’avais horreur des cigales, mais maintenant, je suis contente.
Les chiens : au début, je demandais à mon mari ce que c’était, une voiture ? Non, un chien.
En ce qui concerne la rééducation, j’ai commencé tout de suite avec mon orthophoniste avec laquelle je faisais de la lecture labiale. Je vais à son cabinet deux fois par semaine, et je continue la lecture labiale avec d’autres personnes de Surdi-13.Au fur et à mesure de la rééducation, je me suis rendu compte que la lecture labiale était complémentaire.
Je l’ai vu tout à l’heure pendant la conférence, car je n’arrive pas à comprendre sans lecture labiale ici. Evidemment, c’est fatigant. Par moment, je décroche, et je regarde le surtitrage.
On a commencé par travailler une liste de mots qu’on m’avait donnée lors du réglage des électrodes.
Après, des petites phrases du langage courant. Je travaille également à la maison avec mon mari, qui reprend les exercices. S’il y a d’autres personnes autour, c’est plus difficile.
Pour le moment, la musique et la radio, c’est inaccessible. Pour la musique, j’entends le rythme, mais pas les nuances.
Pour le téléphone, ce n’est pas possible, sauf le portable, j’ai commencé un peu.
Tout dépend du réglage des implants, car maintenant, j’ai des parasites.
Ça dépend aussi de la tonalité. Et de la longueur des phrases. Pour une conversation, c’est difficile.
La télévision, j’ai le sous-titrage, mais j’arrive maintenant à comprendre des portions de phrase sans le sous-titrage.
J’écoute aussi des disques que j’avais avant pour essayer de retrouver les chansons.
Depuis que j’ai l’implant, je n’ai plus de honte à dire que je n’entends pas, et au contraire, j’ai l’impression qu’en travaillant, je vais pouvoir progresser. Tout le monde me dit qu’il faut continuer.
Mon mari est ravi car on peut de nouveau avoir une discussion ensemble.
Je considère cette intervention comme un miracle : chirurgical, et la technique. Ça m’a permis de retrouver une manière d’entendre. Je suis très très contente.
Témoignage de Virgine
- Bonjour. Je suis de Montpellier. J’ai été implantée au Centre de Palavas (NDLR : Virginie a environ la trentaine).
En octobre 2003, cela fait un an maintenant. J’ai un Nucleus Esprit 3G, c’est la marque Cochlear.
J’ai 24 électrodes, et trois piles, qui me durent trois jours et demi. Je vous le montre. Là, quand j’ouvre, j’ai trois piles à l’intérieur. J’ai eu des super-résultats.
En l’espace de deux mois, ma vie a complètement changé.
A droite, j’avais 90 % de perte environ. On m’a implantée sur l’oreille qui n’entendait plus du tout.
Maintenant, je n’ai plus besoin de sous-titrage, j’entends bien sans boucle magnétique, j’ai découvert la radio. Je ne l’avais jamais écoutée, et pouvoir comprendre la première fois ce que disait la personne à la radio, c’était impressionnant. C’était miraculeux, je suis d’accord avec ce que disait la dame, c’est une nouvelle vie qui vient, on en profite à fond.
L’importance de la rééducation. Beaucoup de gens ne la suivent pas très bien, c’est aussi pour ça qu’ils n’ont pas de bon résultats. Plus on persévère, meilleurs sont les résultats.
Pour la musique : je n’ai pas eu peur de l’écouter. Quand je suis en voiture, c’est la radio ou la musique. Maintenant, j’ai l’impression d’entendre normalement avec des vrais sons. Personnellement, je n’ai pas l’impression que les sons sont déformés. Au début, un peu, oui, mais le cerveau fait son travail, et on finit par entendre comme tout le monde.
Pour la lecture minutée : pour moi, c’était un régal de faire cet exercice, car j’étais arrivée à 135 mots/minute.
Avant l’implant, je souffrais d’acouphènes depuis dix ans, et depuis l’implant, je n’en ai plus du tout. Pour moi, c’est très bien. Pour les assurances, j’ai vu que c’était le même prix que sur Montpellier.
Pour ceux qui ont des petits budgets, c’est quand même 250 euros à sortir.
L’implant, c’est vrai que c’est cher pour une personne qui n’a pas beaucoup de moyens, avec les piles, etc.
Témoignage de Bernard
« Je m’appelle Bernard, j’ai 57 ans, j’ai perdu ma première oreille en 92, un matin. Je me suis réveillé avec des acouphènes, der vertiges et je n’entendais plus rien.
On a fait venir le médecin, qui a dit que si ça ne revenait pas dans les trois jours avec le traitement, il fallait aller voir l’ORL. Je suis allé le voir immédiatement. Il m’a dit : soit je vous hospitalise, soit je vous mets sous perfusion à domicile. J’ai choisi les perfusions à domicile, mais l’audition n’est pas revenue.
Je me suis alors habitué à vivre avec une seule oreille. Pendant quinze ans.
J’ai arrêté de fumer en 2000, car j’ai fait un cancer.
Le 13 juin 2003, à 3 heures du matin, je me suis réveillé avec des grands bruits dans ma deuxième oreille. Je n’entendais plus rien. On est allé aux urgences à l’hôpital.
Le lendemain, j’ai été reçu par un ORL de l’hôpital. Il m’a dit quelque chose que je n’ai pas entendu. Je lui ai demandé d’écrire. Il m’a dit : ne vous inquiétez pas, je vous écrirai tout. Après six jours de traitement, l’audition n’est pas revenue.
Au moment de sortir, la secrétaire ne pouvait pas me donner de rendez-vous.
Je ne suis jamais retourné voir l’ORL à l’hôpital. Mon désarroi n’a absolument pas été pris en compte.
Je suis allé à Béziers, où j’ai été très correctement reçu. C’est la première information que j’ai reçue de la part d’un ORL. Le médecin avait une grande sensibilité vis-à-vis du patient. On m’a dit que la seule solution pour moi était l’implant cochléaire.
Je suis allé à l’hôpital Nord, et j’ai été orienté vers le docteur Meller, qui m’a dit : vous avez de la chance dans votre malheur, car il y a l’implant cochléaire.
Au début, j’ai eu quatre réglages.
Mon orthophoniste fait ma rééducation auditive, et je fais de la lecture labiale avec le groupe de Surdi 13.
Maintenant, je porte à droite une audioprothèse, qui ne me sert pas beaucoup, mais je la porte quand même.
Avec mon implant, j’entends beaucoup de bruit. Je peux parler à des gens que je connais, mais c’est très difficile pour moi de parler à des inconnus.
Depuis la perte de ma deuxième oreille, je ne peux plus m’occuper du bureau de tabac. Moi, je m’occupe du rangement, de la gestion du magasin, mais je ne peux pas m’occuper des clients.
L’implant cochléaire m’a sorti du silence, mais je n’ai pas encore retrouvé une aisance suffisante pour reprendre mon activité professionnelle, telle que je l’aimais.
Témoignage de Jérôme Goust-
Il a été opéré avant l’été, et il nous a envoyé un très long témoignage, dont nous n’avons pris que quelques extraits.
« Le parcours d’un malentendant est une longue suite de frustrations progressives, de renoncements.
Lorsqu’on impose sa présence verbale, ces victoires sont souvent amères.
Le niveau de qualité de mes prothèses ne m’a pas permis d’avoir le plaisir d’écouter de la musique, j’y ai renoncé.
Quand j’ai découvert la position T de mes prothèses, j’ai pu y accéder. Mais je ne l’appréciais pas.
Avant, avec les prothèses surpuissances, analogiques programmables, puis numérique.
Il y a trois ou quatre ans, lors d’une interview, une journaliste m’a demandé ce qui me manquait le plus du fait de la malentendante. J’ai répondu : la perte de l’intimité du chuchotement.
Si l’appareillage a fait reculer les frontières de la surdité, ce maintien dans la sociabilité orale avait pour limite une puissance accrue.
Avec l’impossibilité de discuter discrètement, pas de discussion amoureuse ou amicale dans la pénombre.
Avec le branchement de la prothèse d’implant, il y avait plus cette pénibilité de la surpuissance.
Puis peu à peu est revenu le plaisir de parler sans voir, dans la pénombre. Pénombre du soir.
Dans le même temps, il a fallu par moments se forcer à abandonner la lecture labiale, au point de s’attirer des « tu m’écoutes ? ».
Depuis quelques années, les prothèses privilégient les fréquences conversationnelles, qui excluent les fréquences élevées de la parole.
Cette réalité m’est revenue lorsque l’implant a commencé à me restituer ses fréquences oubliées. Les voix me devenaient d’un coup étrangères.
C’est devenu plus marquant encore quand j’ai commencé l’écoute des chansons appréciées autrefois.
Ainsi, la reconnaissance des paroles a été excellente dès la première écoute, mais la voix et la musique ne correspondaient pas à ce que ma mémoire avait stocké.
Dans la voix parlée ou chantée vient peu à peu le plaisir de ressentir ce que porte l’ensemble du spectre vocal.
La voix retrouve de la saveur, des nuances.
Deux outils sont fondamentaux pour accéder à nouveau à l’audition.
La lecture labiale, qui est un formidable outil dans un premier temps. Quand l’intelligibilité est acquise, il faut arriver à l’utiliser le moins possible.
L’autre outil important, c’est l’induction magnétique. Très peu de malentendants l’utilisent.
Alors qu’il n’y a aucune commune mesure entre l’écoute directe et l’écoute via l’induction magnétique.
Pour la musique, elle permet d’accéder plus rapidement aux mélodies des voix et des musiques.
Il faudrait que les malentendants profonds soient familiarisés avec la position T de l’appareil avant l’implantation.
Ce n’est pas parce qu’on retrouve une capacité qu’on arrive à l’exercer du jour au lendemain.
Les habitudes sont dures à changer, car elles ont fonctionné pendant des années pour nous protéger.
Le rôle de nos proches est crucial, car le reconditionnement ne peut se faire que dans le quotidien.
Pour changer des comportements instinctifs, il faut le faire auprès de proches.
Ils sont déjà si heureusement surpris de nous voir sortir de notre séparatisme qu’ils ne mesurent pas forcément qu’il est possible de faire beaucoup mieux.
D’autre part, il ne faut pas qu’ils pratiquent le harcèlement textuel pour nous obliger à participer à tout n’importe où. »

Table Ronde et Questions aux intervenants

Question au docteur Meller : On a vu dans le témoignage de Bernard qu’il a eu une surdité brusque sur une oreille, puis dix ans après, une autre sur la deuxième oreille. Ne peut-on rien faire pour prévenir la surdité sur une telle personne à risque ?
Réponse: - Il faut savoir que l’oreille interne reste encore, dans beaucoup de domaines, une boîte noire dans laquelle on ne comprend pas grand chose, en dehors de certains types de surdités bien étiquetées, on a tenté d’expliquer les surdités brusques par des phénomènes circulatoires, viraux, etc., mais on n’a pas de réelle explication.
Malheureusement, on en reste toujours au dogme : toute surdité brusque doit être traitée le plus rapidement possible, et ceci par des perfusions à base de corticoïdes.
Question pour Mme Vieu : quels sont les scores de reconnaissance de mots à la minute par une personne avec une audioprothèse classique ? ce sont des tests qu’on ne passe jamais. Quels sont ces scores dans le bruit (cantine par exemple).
Réponse: - Par rapport aux audioprothèses classiques, je vous donnerai la réponse l’an prochain car nous faisons un mémoire avec des étudiants en orthophonie sur ce test de lecture minutée. On va faire une comparaison entre la vitesse de compréhension des entendants et des adultes qui portent une prothèse.
Je pense qu’on aura les mêmes résultats que pour les implantés, car cette épreuve ne peut être passée que si la prothèse est efficace.
D’autre part, dans le bruit, la compréhension de la parole diminue énormément, elle diminue de 30 à 40 %, que ce soit au niveau de cette épreuve de lecture indirecte minutée ou de lecture des phrases.
Une personne qui reconnaît 80 % de mots ou phrases dans le silence, ne reconnaît que 50 à 60 % dans le bruit.
Question: - Les phénomène de sudation sont une contrainte permanente pour les prothèses auditives, je voudrais savoir si pour les implants, la partie extérieure subit les mêmes dommages?
Par ailleurs, pour une personne qui n’a jamais entendu, Quel est l’impact psychologique de l’implant.
Réponse: - Par rapport au problème de sudation, effectivement, avec les implants, on rencontre les mêmes problèmes qu’avec la prothèse acoustique.
Le micro peut s’oxyder. On a souvent des pannes de micro l’été.
Le moyen utilisé avec les implants est de placer les appareils tous les soirs dans des boîtes hermétiques avec des pastilles qui absorbent l’humidité. Parmi les patients que je suis, il est arrivé une seule fois qu’un enfant ait eu une coupure de son appareil, un arrêt de fonctionnement du système. Autrement, ils ont l’air d’être un peu plus protégés que les prothèses.
En ce qui concerne votre deuxième question, sur les personnes ayant eu une surdité profonde depuis la naissance.
On a implanté trois jeunes femmes à trente ans, qui avaient une surdité profonde congénitale. Dans un premier temps, il y a une réaction de satisfaction, car il y a une perception de bruit, donc ces personnes ne sont plus dans le silence.
Après, avec le temps, la satisfaction est variable, et dépend de ce qu’attend chacune de ces personnes.
Ce sont toutes des personnes qui communiquent oralement, qui ont bénéficié d’une rééducation intensive et qui sont oralisées.
Parmi ces exemples, on a une de ces jeunes femmes qui a eu besoin de 18 mois d’adaptation, avec des maux de tête, car trop de stimulations auditives,elle arrive maintenant à avoir une satisfaction réelle et une perception auditive confortable.
Une autre est contente car elle a un système d’alerte : elle est capable d’entendre quand quelqu’un arrive dans son dos, quand un bruit se produit dans la maison.
La troisième, en revanche, au bout de deux ans, a renoncé à son implant cochléaire, car elle trouvait que ça ne lui apportait qu’une gêne, du bruit en permanence, qui l’inquiétait plutôt que de la rassurer.
Donc les résultats sont variables.
Ces personnes sont implantées à leur demande, il y a des réunions avec les membres de l’équipe, et il n’y a pas de décision rapide.
Question sur les aides techniques pour les implantés cochléaires : pour téléphoner, la boucle magnétique, etc.
Réponse: Je pense que ça se rapproche beaucoup des aides techniques pour les audioprothèses ordinaires.
On a l’impression, avec MXM, qu’on a besoin d’aides techniques supplémentaires pour entendre, comme un micro au restaurant, ou des choses comme ça. Ils ne veulent pas dire qu’il y a des limites quand on est appareillé, comme avec un fauteuil roulant, et qu’il faut des aménagements.
- A ce propos, je tiens à vous signaler que pour la société Nucléus, il y a un dépliant sur toutes les aides techniques. Si vous désirer avoir ce dépliant, je suis à votre disposition. Le faire savoir à l’AIC Paca sera suffisant.
- Dans la valisette qui est remise au départ, il y a des renseignements, puis des renseignements qui sont donnés sur les sites Internet des différents fabricants. Pour connaître certains fabricants, je sais qu’ils font leur maximum pour produire le maximum d’aides possibles. Après, il y a la technique derrière.
Question : - Comment faire face encore et encore aux attitudes négatives de personnes entendantes à ne pas vouloir faire des efforts de communication à notre égard ?
Réponse: - Comment faire, je pense qu’une fois que les choses ont été dites à ces personnes, c’est un problème presque d’éducation et de société, ça rejoint la politesse, tout simplement.
Peut-être que ce que vous pouvez faire, c’est ce que l’on fait pour les enfants et adolescents sourds, lorsque leur orthophoniste va dans la classe, vous pouvez demander à quelqu’un de la profession de venir dans votre service pour faire un topo aux gens qui travaillent avec vous pour expliquer ce qu’est la surdité.
Parfois, l’intervention de quelqu’un de l’extérieur permet de prendre en compte les choses.
Mais je suis d’accord, ce problème relève de l’éducation et du savoir-vivre avec les autres.
- C’est le problème de la surdité, bien sûr. Mais vous savez bien que c’est ça le problème de la surdité, personne n’y fait attention car ça ne se voit pas. C’est pourquoi c’est si difficile à suivre au quotidien.
Il ne faut pas hésiter à dire et redire aux gens qu’il faut qu’ils parlent lentement, qu’il faut parler dans de bonnes conditions. Ce sont eux qui sont sourds en l’occurrence.
Question: Je suis appareillé avec deux appareils auditifs, pas des implants cochléaires, mais l’audioprothésiste me fait toujours des audiogrammes avec les appareils, est-ce que ça vous semble normal ?
Réponse : - Pour évaluer vos performances, il doit vous faire un audiogramme en champ libre.
- Ça se fait toujours dans une pièce sourde, et quand je me retrouve dans la rue, ce n’est plus la même chose.
- L’idéal serait des tests dans le bruit, effectivement, pour pouvoir comparer les prothèses entre elles, pour arriver à une cohérence de tous ces systèmes.
L’audiogramme avec les deux appareils, le problème, c’est que quand vous avez un appareil mis en place, on peut difficilement mettre en place le casque.
On peut faire un audiogramme en oblitérant le conduit de l’autre côté, mais après, c’est un problème technique.
Merci à tous les intervenants, félicitations pour vos interventions. Je vous invite à discuter cinq minutes au fond de la salle, autour de la collation.
- Le surtitrage à distance a été fait par Mme Hamon, par vélotypie, via Internet, on la remercie.
Conférence organisée par :
SURDI-13 Association de devenus sourds et malentendants
Le ligourès Place Romée de Villeneuve Aix Tel : 04 42 54 77 72
Permanences : Aix : Le Iigourès Place Romée de Villeneuve, salle 313 , lundi 17h-18h30
Marseille : Cité des Associations, 93, La Canebière 13001 Marseille, Mardi 16h30-18h30
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CRetour chez l’orthophoniste pour quelques tests. Là je me sens moins bien, les graves résonnent trop pour moi. Il faut dire les graves sont sûrement décalées en fréquences, du genre le 250 Hz est envoyé sur les fibres nerveuses du 700 Hz peut être et ainsi de suite… sur les 20 électrodes il doit y en avoir quelques unes aux bons endroits sinon je ne comprendrais pas…
Je suis moins content de moi mais l’orthophoniste, elle, est plutôt satisfaite : 95/100.
Retour en voiture c’est plutôt bien pour discuter en voiture, cela fait longtemps que je ne me suis senti si confortable en voiture.
Le lendemain à la maison… les voix sont toujours bizarres mais je me force à téléphoner, cela marche…
Il y a encore beaucoup de travail… et sans doute 3 à 6 mois pour que le cerveau remette tout en place…
L’émotion est beaucoup pour Sabine… compagne formidable….
Quelques remarques :
Les réglages : le régleur cherche, l’appareil en place, sur chaque électrode les seuils minis et les seuils de confort et il se règle la dessus, du coup rien n’est fort ou trop fort. Quel contraste avec mon expérience des audioprothésistes qui n’ont, avec moi, jamais cherché les seuils mini et de confort avec l’appareil en place et qui quand ils font la recherche du « gain prothétique » le font indépendamment des réglages ne le font pas aux fréquences caractéristiques de l’appareils (c-a-d les pics de la courbe de réponse en fréquence). Je suis frappé par la rapidité du réglage de ces 20 électrodes en comparaison du temps que je passe à chaque fois chez l’audioprothésiste. Je sais bien que pour les audioprothèses le fait de bouger la réponse sur une fréquence modifie très généralement l’ensemble de la courbe… mais tout de même… Après les réglages suivants il est normal de s’apercevoir que les seuils ont bougé, c’est normal c’est la rééducation en quelque sorte. Cette façon de régler me parait plus sérieuse, plus scientifique et rassure le patient ce qui psychologiquement aide à la réussite…
Le processeur vocal : Là je suis bluffé, pour moi il privilégie nettement la parole… à moins bien sûr que ce ne soit mon cerveau qui retrouvant une information plus large fasse la différence…(?) (ils’agit du Cochlear, Nucleus ESPrit 3G). Au café au restaurant il suffit que je me mette sur le programme 1 plus compressé et que je baisse le potentiomètre et… miracle la voix de mon interlocuteur émerge… J’ai essayé bien des audioprothèses et tous les réducteurs de bruit ou de rehaussement de la parole m’ont tjs paru « bidon » transformant la parole en une bouillie bien difficilement compréhensible…
L’appareil et ses accessoires : une large boite avec déjà toutes sortes d’accessoires dont une boite étanche fort bien faite avec un lot de capsule asséchantes… quand l’audioprothésiste vous livre l’appareil dans un écrin inutile, comme si l’appareil était destiné à être remisé en permanence dans un tiroir et vous vend fort cher une vague boite ronde plastique à l’étanchété douteuse avec 4 capsules asséchantes tjs fort chères, le sabot de raccordement pour des accessoires externes dont curieusement des petits écouteurs permettant à tout entendant d’écouter ce que capte le micro du processeur vocal… (il m’est arrivé de payer ce genre de petit sabot ridicule 120 Euros en plus pour un Canta 7…) une autre boite d’accessoires avec toutes sorte de fils de raccordement à la télé, walkman, micro cravate… L’ appareil lui-même avec un potentiométre, un interrupteur pour 2 programmes et un 3ème bouton permettant de choisir M, W (chuchotement : réellement efficace) ou T (donc disponible sur chaque programme), toutes choses aujourd’hui quasiment impossible tout à la fois sur une audioprothèse… Pourquoi donc les fabricants d’implant ne fabriquent pas d’audioprothèses ?
(Ceux qui me connaissent savent que je garde une amertume profonde vis-à-vis de la façon dont on est pris en charge quand on achète une audioprothèse, expérience douloureuse et régulièrement renouvelée depuis 1974. Amertume encore alimentée depuis que je suis président d’association par les plaintes de nombre d’adhérents de notre association)

u Une vie nouvelle grâce à l’implant cochléaire
(texte en format pdf)

Adresses des associations
ðCochlée Ile-de-France signale à tous ceux qui désirent s'informer sur l'implantation ou rencontrer des personnes ayant reçu un implant, leur famille ou leurs proches, qu'il existe plusieurs associations régionales
ADIC Nord-Est, 47 rue Principale, 57930 Berthemling. Tél. : 03 87 07 85 41.
AFIAC Toulouse, 1 1 rue d'Alençon, 31400 Toulouse. Tél. : 05 61 78 82 87.
AIC Châteaudun, 3 allée du lavoir de Cholet, 28200 Châteaudun. Tél. : 02 37 45 37 96.
AIC PACA Marseille, CHR La Timone, Fédération ORL, 13005 Marseille. Tél. : 04 90 22 42 15.
AIFIC Othis. 1 1 rue du Poirier de Paris, 77280 Othis. Tél. : 01 60 03 48 13.
APIC Bordeaux, 17 rue des Myosotis, Sillac, 16000 Angoulême. Tél. : 05 45 91 38 70.
Cochléa Montpellier, 5 rue de la Pérousse, 34350 Valras-Plage. Tél. 0467320749.
Cochlée Bretagne, 5 allée Guillaume Apollinaire, 3-5340 LÀffre. Tél. 0399684992.
Cochlée De-de-France, 13 rue Poissonnière, 7YA2 Paris. Tél.: 0 1 48 769146.
Cochlée Rhône-Alpes, 7 rue de la Part Dieu, 69003 Lyon. Tél. : 04 78 60 60 17.
ðVoici également les coordonnées de:
la Fédération française des implantés cochléaires:
FFIC, 7 rue de la Part Dieu, 69003 Lyon. Tél. : 04 78 60 60 17.
la Fédération européenne des implantés cochléaires : EURO CIU, 16 rue Emile Lavandier. L-1924 Luxembourg. Tél. : 352 44 17 46.

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